DES MILITANTS PASSIONNES, DES PUBLICS PEU CONCERNES ET LES PROFESSIONNELS TIRAILLES

Phase consultative

ATELIER 1 : Des militants passionnés, des publics peu concernés et les professionnels tiraillés

DATE : 14/11/08 à 9h
LIEU : Conseil g̩n̩ral, Immeuble Diderot, 2bis rue Pablo Picasso РBobigny (93)
Animatrice : Anne Dieleman (Nature et Société)
Rédactrice : Marie-Laure Wieser (Vivacités IdF)L’intitulé de l’atelier a été décidé après de nombreux échanges autour de la question des « publics » de l’EEDD.
L’équipe de pilotage s’est appuyée, entre autres, sur une contribution écrite par Claude Bourquard, co-Président du Graine IdF, dont l’intégralité est consultable ici.

Restitution des échanges

Les idées et réflexions ont été capitalisées sur une carte heuristique, via un logiciel de mindmapping.
Pour consulter la carte, veuillez cliquer ici

L’atelier n°1 en image

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Commentaires

1. Le dimanche 4 janvier 2009, par Patrick NEVEU

J’ai commencé à faire de l’EE en 1997 puis de l’EEDD ou de l’EDD… peu importe pour moi ce problème de terminologie.

Une chose me frappe depuis le début : notre milieu rassemble des personnes motivées par des idées fortes. Malheureusement, au quotidien, ces personnes ne savent pas travailler ensemble.

Une deuxième chose me frappe : la volonté de reconversion de personnes, à la recherche d’un milieu humaniste pour travailler. Ils arrivent militants et souhaitent devenir des professionnels militants. ET parfois, cela se fait dans la douleur.

Enfin, des publics peu concernés car nous sommes trop centrés sur nous-mêmes dans notre réflexion. Le public est notre alibi pour défendre nos envies d’action. Nous connaissons mal « nos » publics. A vouloir les conscientiser à tout prix, nous oublions leurs motivations propres.

Tant que le tiraillement ne provoque pas de déraillement…

Bonne continuation à tous.

2. Le mercredi 8 avril 2009, par Maurice Fay

On peut tout mettre dans le DD !!!

pourquoi ne pas inscrire ici quelques reflexions qui me viennent de la participation, non continue, aux assises CEEF 2009 ?

Elles s’appuient sur de nombreuses annees de pratique de l’education scientifique au CNPD, au MNHN puis a l’IRD. Ma reflexion sur l’EDD a rellement ete initiee avec un groupe d’Ecole et Nature reuni a la Fondation de France en 2000… Quelques idees pour rester pedagogiquement realiste… que j’ai essaye de defendre au sein de l’Education nationale et aupres de la commission française pour l’EDD

On peut tout mettre dans le DD -et personne ne se prive ! – mais ne marchons pas sur la tête !!!

Si les valeurs constituent le fondement, les fondations du DD, elles ne peuvent se réaliser sans une réflexion rigoureuse sur les référents conceptuels et les analyses des divers enjeux écologiques, sociaux, économiques et culturels.

Il n’est pas raisonnable de fonder l’édifice des actions éducatives et des actions de terrain sur la complexité d’un projet politique et idéologique, le DD, sans en analyser les tenants et les enjeux, les consensus et les conflits, les valeurs et les référents plus objectifs. De même, comment ne pas mettre, remettre encore et encore, en débat les représentations cachées derrière l’expression « l’Environnement »Â ? J’ai souvenir d’arguments très intéressants dans « L’encre verte n° 47 » et je sais que le CFEEDD conduit cette réflexion, mais il suffit d’écouter les propos des uns et des autres pour entendre la dispersion des conceptions. Comment parler aujourd’hui de « Nature »…qui rime avec « cultures »

Restons réalistes… Une éducation ayant pour objet et finalité la compréhension du Monde et de ses dynamiques s’appuie sur  une formation aux disciplines et à leurs objets, l’appropriation d’outils de description et de compréhension scientifique. C’est le crédo de l’EN…  une pédagogie par projets dont il est inutile de rappeler ici la philosophie et la finalité pédagogiques. La méthode en constitue le cœur et le moteur.

* Elle s’appuie sur des thématiques bien documentées, avec des référents concrets, un objet défini et cohérent: l’eau, l’air , la biodiversité… l’alimentation, la santé… les énergies, les déchets, les risques… les climats… la paix, les solidarités… la liste est longue ! Il convient de souligner l’importance d’un dispositif récent venu : la démarche Agenda 21. * En explorant ces sujets sur un territoire défini, mais également dans des espaces plus larges, local, régionaux voire planétaire, ici et ailleurs, ou bien avec plusieurs pas de temps, maintenant, hier, demain…ou encore avec diverses visions, culturelles et politiques… il sera alors possible de dégager des problématiques environnementales : écologiques et humaines. * Puis… et seulement alors, c’est en croisant les analyses écologiques, sociales, économiques et culturelles (représentations, savoirs et valeurs), les espaces géographiques et les temps historiques, les enjeux vécus (ou subis) par les différents acteurs que sera atteint le niveau politique du développement … que chacun espère durable !

Le panel des gestes et des attitudes éco-citoyennes ne peuvent constituer la base, ni même la seule finalité, d’une éducation pour le développement. Mais la question des comportements dépasse largement celle de l’information et de l’éducation… En revanche, la démarche d’Agenda 21 offre la capacité d’analyses systémiques de la complexité. Bien trop rapidement et de manière inévitablement trop schématique, voila proposé un sens méthodologique, pédagogique et stratégique : une éducation organisée autour de projets, basée sur l’observation, la documentation, l’expérimentation, les débats, la communication… ancrée dans une thématique et un territoire… articulant l’espace et le temps, soi et les autres… conjuguant plusieurs regards, plusieurs analyses scientifiques…

pour aller d’expériences et représentations individuelles et/ou collectives vers la construction de pensées et de savoirs construits qui traduisent mieux la complexité de systèmes écologiques, sociologiques et sociétaux où les enjeux humains et écologiques se déclinent ici et maintenant ; ici et ailleurs; hier, aujourd’hui et demain… pour le meilleur ! en solidarités et pour la durée… Maurice Fay, avril 2009